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déc 16
2009
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Le Purin d'Ortie, Hors la Loi !Posté par: David SEIGNOBOS dans Agriculture le 16 Décembre, 2009 Taggé dans: Pas taggé
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Le purin d'ortie est une préparation ancestrale 100 % végétale et totalement respectueuse de la nature, mais voilà... Elle n'est pas homologuée, comme le sont les pesticides de synthèse.
Or la Loi d'orientation agricole (LOA) de janvier 2006 interdit l'utilisation et la détention de produits phytosanitaires non homologués !
Le purin d'ortie est donc hors la loi, alors même que la loi Grenelle I se fixait comme objectif de "réduire de 50 % la quantité de pesticides employés à l'horizon 2018" en favorisant l'accès à ce type d'alternatives.
Produit ? Purin d’Ortie.
Conclusion du Laboratoire ? Non conforme (produit non normalisé, ni homologué).
En conséquence, ce produit ne peut être commercialisé sur le territoire national français. Par cette conclusion, un directeur départemental de la répression des fraudes du Maine-et-Loire a mis la vente de purin d’ortie, en France, hors-la-loi depuis septembre 2002. Un des emblèmes de l’agriculture raisonnée et biologique se trouve donc commercialement banni. Toutefois, une précision reste importante : si le purin d’ortie est interdit à la vente, son utilisation n’est pas illégale, démontrant ainsi son innocuité pour la santé humaine et l’environnement.
Alors que peut-on reprocher au purin d’ortie pour l’interdire dans les rayons des commerces ?
Un détail, un simple détail : administrativement, il n’existe pas…
En effet, comme d’autres extraits végétaux fermentés utilisés en agriculture et en jardinage, le purin d’ortie ne correspond à aucune des normes de commercialisation en vigueur ! Ces extraits végétaux, reconnus depuis des générations pour leur efficacité et leur respect de l’environnement, que chaque jardinier peut fabriquer et/ou utiliser aisément, ne sont pas homologués !
En clair, cela signifie qu’ils n ‘ont pas subi les tests et contrôles que l’on impose aux produits dits « tête de mort » (pesticides et autres fongicides) pour être commercialisés.
D’un point de vue économique, l’interdiction de commercialisation de purin d’ortie, et vraisemblablement à terme, des autres extraits végétaux fermentés, a un impact important sur les producteurs. En effet, leur coût est faible en agriculture conventionnelle, ils donnent la possibilité aux agriculteurs qui les utilisent de faire diminuer de manière importante les doses de produits phytosanitaires polluants, permettant ainsi aux exploitants d’être moins dépendants de l’agrochimie.
Le président de l’association des Amis de l’ortie résume bien la situation. En fait, ces homologations, si elles ont pour vocation première de protéger le consommateur (qui s’en plaindrait !), ont avant tout un effet pervers, celui de protéger les monopoles des multinationales de l’agrobusiness. Comment ? Par un coût extrêmement élevé de 106 000 € par homologation. Ainsi, le marché est verrouillé et aucune petite structure artisanale ne peut espérer pouvoir mettre un jour sur le marché un produit, fût-il révolutionnaire, et surtout sans danger pour l’homme et son environnement…
L'association Terra Natura a lancé une pétition, que je vous invite vivement à signer et à faire circuler autour de vous, pour demander une homologation conforme à la nature de ses produits, ni engrais, ni phytosanitaires, mais plutôt « bio stimulants ».
Précisons aussi que la parution de nombreux ouvrages, tels que Purin d’ortie et compagnie démontre que les extraits de plantes sont une affaire sérieuse et que la France est en pointe dans ce domaine. Des livres qui permettent alors à tout un chacun de savoir comment fabriquer soi-même son purin d’ortie.
Les préparations à base de produits naturels pour la protection des plantes sont donc dans le collimateur des législateurs, sous la pression des fabricants de pesticides chimiques. Quel est l’enjeu ? Pourquoi les écarter du marché alors que la demande en produits naturels est de plus en plus importante ?
Il faut savoir qu’on ne diminuera pas l’utilisation des pesticides chimiques toxiques en agriculture sans développer des solutions alternatives plus respectueuses de la santé et de l’environnement. Parmi elles, les préparations à base de produits naturels, issus de savoirs populaires, puis qui sont tombées peu à peu dans l’oubli face à l’émerveillement que procurait l’efficacité redoutable des produits chimiques de synthèse. Elles n’ont survécu que chez des amateurs et autres passionnés de botanique ou de naturel, pendant que les lois du marché s’étendaient petit à petit à l’ensemble de ce qui vit sur terre : ne peut désormais exister que ce qui dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM). Seuls les produits phytopharmaceutiques stables, homogènes, ayant une action efficace sur une maladie ou un pathogène déterminé, puis évaluées sans danger pour la santé et l’environnement, ont accès au marché.
Mais nos préparations naturelles sont vivantes, donc par définition, instables, et même pas souvent homogènes : la composition des plantes variant avec les saisons, par exemple (mais sans nuire à l’efficacité des préparations). Ces préparations n’agissent pas en tuant tel ou tel pathogène, mais en stimulant les systèmes de défense des plantes traitées. La plupart de ses préparations naturelles sont ainsi éliminées par ces premiers critères.
Celles qui en échappent doivent encore passer l’épreuve des études de sécurité sanitaire et environnementale. Celles-ci ne s’intéressent pas aux effets à long terme, aux risques d’accumulation dans l’organisme de substances non dégradables ou de synergie toxiques entre elles, ce qui éliminerait la plupart des toxiques de synthèse aujourd’hui utilisés. Elles se contentent d’écarter les produits générant les dégâts instantanés les plus visibles et, pour les autres, d’imposer une dose journalière maximum autorisée. En principe, elles ne doivent pas éliminer les préparations naturelles c’est pour cela que le législateur les a « baptisées » préparation naturelles peu préoccupantes (PNPP). Cependant, le coût de ces études et tel que seule la protection du produit mis sur le marché par un brevet peut l’amortir. Or les PNPP, issues des savoirs populaires collectifs sont des biens communs du domaine public : elles ne peuvent pas et ne doivent pas être brevetées. Elles sont de simples fait éliminées de tout accès au marché.
C’est pourquoi les parlementaires ont voté fin 2006 un amendement à la loi sur l’eau prévoyant une « procédure simplifiée » pour l’homologation des PNPP. Depuis, un projet de décret dort dans les tiroirs. Il définit une procédure simplifiée.. Mais impose aussi l’annulation de cette simplification, à savoir l’inscription des substances de base sur une liste européenne exigeant une procédure non simplifiée équivalente aux demandes d’AMM. Ainsi, l’ensemble des PNPP, pourtant commercialisées dans d’autres pays européens, resterait en France dans la clandestinité…
Alertés, les sénateurs ont introduit début février 2009 dans la loi Grenelle I un amendement demandant de faciliter les procédures d’autorisation de mise sur le marché des PNPP. Mais la loi Grenelle II, étudiée au printemps propose d’imposer un agrément et une certification pour toute commercialisation, mais aussi pour tout usage et toute communication sur les produits phytopharmaceutiques, sans aucune simplification pour les PNPP… Aucun certificateur n’acceptera l’usage ou la communication sur des produits ne bénéficiant pas d’AMM.
Il y’a du débat dans l’air… La guerre de l’ortie n’est pas finie !
Aujourd’hui, la vente de purin d’ortie est toujours illégale, bien que tolérée, en attendant la fin du feuilleton législatif. Demain, si les lobbies des pesticides gagnent la publication en l’état du projet de décret, non seulement nous ne pourrons plus l’acheter, mais en plus nous devrons payer le gendarme/certificateur qui nous interdira de l’utiliser et même d’en parler publiquement.
A l’heure ou on prend conscience que les pesticides n’affectent pas que les sols et les seules zones rurales, mais qu’ils sont aussi présents au sein des villes, une des alternatives à leur utilisation est interdite de commercialisation. Quand les agriculteurs pourront-ils être autonomes pour leurs semences et leur pratique agricoles ? Quand les consommateurs auront-ils la garantie de pouvoir trouver des produits de qualité dans leur assiette ?


Faut se réunir et faire sauter cette loi et cesser d'engraisser les lobbys de m*!?-e !